frame

Tribune de Julien Aubert : L’ avenir des Républicains ( Valeurs actuelles )

Retrouvez la tribune que j’ai rédigée, cosignée par mes collègues Jean-Claude Bouchet, Berengere Poletti, Guy Teissier, Thibault BAZIN, Pierre-Henri Dumont et Ian Boucard, ainsi que 8 jeunes responsables du parti (dont Gabriel Melaïmi), sur l’avenir des Républicains.

Sept députés LR s’inquiètent de l’avenir de leur parti, qui désignera son nouveau chef à l’automne sans avoir entrepris de remise en cause idéologique profonde.

Ainsi donc le bureau politique a tranché : comme en 2012, notre parti, à peine remis d’une défaite écrasante, procèdera à des élections internes pour désigner son nouveau leader. Au lieu d’entreprendre un travail sérieux de remise en cause idéologique – nous avons eu beau changer les candidats, nous avons perdu par deux fois les élections – la droite persiste à ripoliner la façade sans se demander ce qu’elle est, ce qu’elle veut et où elle va.

Comme en 2012, se profile un second piège : celui de transformer l’élection interne du parti – 75 000 votants – en tour de chauffe de la présidentielle de 2022. On sait comment cela a fini. A force de chauffer, les plombs ont sauté.

La question de décembre 2017 dépasse donc de loin la seule question des candidats ou des lignes

Un des candidats pressentis – Laurent Wauquiez – propose une ligne clairement ancrée à droite. Sa personnalité et son verbe en font un candidat fort, quoique non consensuel. On ne peut que s’inquiéter des mots aigres qui circulent déjà. Les élections qui se transforment en « Tout sauf » se terminent rarement en « Tous avec ».

En embuscade surtout, se trouvent « les constructifs », partis en face pour un mélange d’adhésion idéologique au centro-macronisme, d’allergie au verrouillage du parti et … de carrière personnelle. Leurs chefs, conscients de la précarité de leur position comme supplétifs d’une majorité qui n’a pas besoin d’eux, voient dans l’élection de décembre 2017 le détonateur de la recomposition de la droite. À un conflit de personnes et d’ambitions, les constructifs entendent substituer un conflit idéologique. Ils espèrent que la victoire d’un Laurent Wauquiez permettra de convaincre une partie de la droite, et notamment certains maires, de quitter les Républicains qu’on dépeindra alors comme un parti droitier, identitaire, crypto-populiste. Il faut forcer un peu le trait pour cliver.

La question de décembre 2017 dépasse donc de loin la seule question des candidats ou des lignes. Elle est de savoir si en 2022, la droite pourra survivre avec deux formations concurrentes en lice au premier tour. Si une clarification est nécessaire, et un retour d’un grand parti de droite conservateur, de rassemblement, est inévitable en profitant du recul du FN, elle ne doit pas se faire sur des rejets et des postures.

Pas les moyens de se payer une nouvelle “guerre des Roses”

Voilà pourquoi, il faut abaisser la tension autour de cette élection. Décaler les élections à 2018 pour réfléchir d’abord à nos fondamentaux aurait été un moyen de le faire, mais cela n’a pas été retenu. Pourquoi dès lors ne pas inciter les postulants à la présidence du parti à s’engager sur l’honneur à ne pas être candidat à l’élection présidentielle de 2022 ? Peut être que le casting annoncé se modifierait substantiellement.

En effet, notre mouvement n’a pas les moyens de se payer une nouvelle « guerre des Roses ». Avant de partir faire le tour du Monde avec un navigateur expérimenté, le bateau des Républicains a surtout besoin de colmater les trous dans la coque et d’un bon remâtage. D’un menuisier plutôt que d’un marin, avant de faire feu de tout bois.

 

Signataires 

Julien Aubert, député de Vaucluse

Thibault Bazin, député de Meurthe-et-Moselle

Ian Boucard, député de Belfort

Jean-Claude Bouchet, député de Vaucluse

Pierre-Henri Dumont, député du Nord-Pas-de-Calais

Berengère Poletti, député des Ardennes

Guy Teissier, député des Bouches-du-Rhône

 

Gabriel Melaïmi, vice-président des Jeunes de la Droite Populaire, conseiller national Les Républicains de Paris,

Arnault Ménatory, trésorier des Jeunes de la Droite populaire

Jérôme Besnard, conseiller national Les Républicains

Christian Camisuli, responsable départemental des Jeunes de la Droite populaire des Bouches-du-Rhône

Victor Chomard, conseiller national Les Républicains de Moselle

Paul Gabas, responsable régional des Jeunes de la Droite populaire d’Occitanie

Adeline Noirmain, ancienne responsable régionale des Jeunes avec Fillon des Hauts-de-France

Salomé Petremand, déléguée centrale des Jeunes de la Droite populaire