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Edito : Mort au Congrès, vaste programme

Je suis dans le train qui m’amène à Paris pour participer au Congrès.

S’agit il de montrer que je suis dans la majorité, soumis à je ne sais quel monarque ? Non : écouter un message ne signifie pas approuver le fond.

S’agit-il de alors d’approuver sur le forme la tenue de ce Congrès ? Non plus. Un Président qui annule une interview de 14 juillet, jour de la prise de la Bastille, pour lui préferer un monologue à Versailles, cela en dit long sur l’état d’esprit.

Il s’agit simplement de respecter la cordialité et la tolérance républicaines, tout en appliquant la lettre de notre constitution. Un député respecte la loi, a fortiori la loi fondamentale.

Je vais donc au Congrès par respect pour nos institutions, et par égard pour le Président de la République. Ceux qui refusent d’y aller pour des questions de fond politisent à mon sens à outrance la vie publique, ce qui mène dans le cas d’espèce à une double impasse :
– une faute constitutionnelle tout d’abord, que seuls les juristes relèveront, car le Président est juridiquement au dessus de la mêlée et non irresponsable devant le Parlement. Il n’y a donc pas lieu de boycotter ou de huer, ou encore d’applaudir. Il n’est pas – au plan de l’épure de notre constitution – censé incarner une ligne politique mais être la clé de voûte du système. C’est parce que j’aime la Vème République que je ne veux pas la démolir en faisant du Président un punching ball parmi d’autres.
– Une erreur politique surtout, marquée par le court-termisme. Dans 5 ou 10 ans, un Président de Droite voudra convoquer un Congrès pour parler à l’ensemble de la représentation nationale. Etablir une jurisprudence comme quoi l’Opposition n’est pas concernée, c’est enlever tout l’intérêt de l’exercice. Le sectarisme s’éduque en donnant l’exemple.

Ne pas être en accord avec quelqu’un ne suppose pas refuser sa légitimité ou son autorité. Je le dis d’autant plus calmement que dans mon cas personnel être convoqué par un ancien camarade d’école sonne bizarrement aux oreilles. Mais avant d’être Emmanuel Macron, il est d’abord le Président de la République.

Nous verrons ensuite si ce coûteux raout était utile ou pas, et si Emmanuel Macron avait quelque chose à dire, ou non.

En effet, demain son Premier ministre est censé venir devant le Parlement présenter sa politique. Vous l’aurez compris : Edouard Philippe pourrait très rapidement gagner le surnom de Ganymede, l’un des satellites de Jupiter…

 

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