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Edito : L’ours, le loup et le renard

Le temps des ambiguïtés s’efface et le nouveau gouvernement rentre dans le dur budgétaire. L’équation a cependant tout l’air d’être impossible à résoudre : le précédent gouvernement a triché sur ses prévisions de dépenses et 8 milliards manquent à l’appel. Des gels de crédits ont été annoncés, à commencer par la Défense. Seul problème : dans le même temps, l’Exécutif a expliqué vouloir porter à 2% du PIB le budget de la Défense. Voilà un tour de vis complètement contradictoire et le Chef d’Etat major paiera sans doute très prochainement sa franchise sur ce sujet.

Le problème ne se limite pas à la Défense. Car de son coté, le Président, inquiet des mauvais retours sur les annonces de son Premier ministre, a ouvert les vannes : suppression de la taxe d’habitation pour 80% des contribuables (au minimum 3 milliards en première année), réforme de l’ISF, baisse de l’impot sur les sociétés. Or, je crains qu’il n’ait vendu la peau de l’ours avant de l’avoir tué !

Les économies sont assez fumeuses (réduire le nombre d’élus locaux – comme si un conseiller municipal coûtait quelque chose – ou obliger les collectivités locales à se serrer la ceinture alors qu’elles sont exsangues) et les recettes futures sujettes à caution (l’augmentation du prix du paquet de cigarettes se traduira par une contraction des ventes nationales, quant à la CSG elle va matraquer les retraités).

Bref, il va falloir sortir du flou. Mais pour l’instant, ce n’est pas un loup, mais un renard qui sommeille au fond du terrier de Bercy !