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Edito : La drôle d’élection

C’est une élection dont personne ne voulait : pas les grands ténors, à l’exception de Laurent Wauquiez, qui la tolérèrent du bout des lèvres puis la boudèrent ; pas les médias, occupés à scruter les premiers pas d’Emmanuel Macron et l’explosion en direct du FN ; pas les sénateurs, en campagne électorale ; et enfin surtout pas les militants, épuisés par un an de campagne et de psychodrames.

Et pourtant, elle a été décidée. Et je m’y suis présenté, convaincu que soit nous réussirions à faire de ce test de l’automne une démonstration de notre capacité à débattre intelligemment de nos différences, soit nous disparaitrions. Depuis, je vais à la rencontre de Fédérations plus ou moins grandes, toutes éloignées de la capitale, qui bouleversées après le calvaire de Fillon et la trahison d’une partie des troupes, ne savent plus vraiment de quoi l’avenir sera fait. Ce ne sont pas des grands gymnases ou des halls de gare, mais des salles de 40 personnes environ. J’y retrouve des adhérents rentrés en politique il y a parfois longtemps – dont un ancien garde du corps et un ancien sniper du Général ! – et qui désespèrent de ce grand astre mort qu’est devenu leur Mouvement.

J’y rencontre le seul et vrai capital de ce Mouvement : ses adhérents, qui sont aussi ses racines.

Tous espèrent le renouveau, la reconquête. Beaucoup critiquent les diviseurs ou les traitres. Quelques-uns sont dégoutés et au bord de rendre leur carte. C’est dans ce paysage particulier qu’il me faut recueillir plus de 2000 parrainages adhérents.

Sans fichier, sans motivation générale, sans « chef à plumes » la tâche est rude mais pas insurmontable. Elle est surtout exaltante, parce que mon équipe y croit, et parce que nous sommes tous convaincus que si le 11 octobre, il n’y a qu’un candidat à l’élection interne, nos adversaires de l’exterieur et leurs alliés internes objectifs auront rempli leur mission : prouver qu’on ne peut plus débattre aux Républicains.

Des sujets de débat, il y en a pourtant, entre ceux qui veulent adapter la France à la mondialisation en la modernisant, la flexibilisant voire en la noyant dans un grand ensemble Européen censé la régénerer, et ceux qui croient au projet France et se méfient de règles budgétaires qui entravent le retour du politique au service du bonheur des Français.

La Droite doit réfléchir aux deux maux de notre temps : l’Islamisme, qui questionne notre identité culturelle, notre tolérance, notre capacité à nous défendre, et le Matérialisme, qui questionne notre rapport à l’argent, au capitalisme, et à ce qui fait que nous sommes des citoyens et non seulement des contribuables ou des consommateurs. Elle doit penser et pas « sloganiser ». Elle doit honorer ses racines mais accepter que le monde a changé et que certaines formules de potion magique ne marchent plus. Elle doit se réinventer pour rester la même.

C’est une élection dont certains ne veulent pas la réussite. C’est un débat qui ne peut pas se réduire à une simple formalité. C’est une épreuve que les 200 000 adhérents des Républicains ne peuvent réussir que collectivement en permettant qu’elle existe.

Laisser un seul candidat tout seul sur sa planète comme le Petit Prince, c’est lui donner la solitude, et non la solidarité, comme oriflamme pour mener les troupes au combat.

N’attendez pas pour parrainer, d’autant que parrainer n’est pas voter. Si vous voulez que le courant gaulliste (pas gaulliste « social », ou « régalien » ou « néo » ou que sais-je : le gaullisme « tout court ») soit représenté dans ce débat, mobilisez vous maintenant et rejoignez moi sur www.julienaubert2017.fr.